Comme chaque année, Dour a réservé son lot de basses fréquences aux festivaliers les plus téméraires. Entre dubstep, drum & bass, UK bass et culture sound system, l’édition 2026 proposait un parcours particulièrement solide pour les amateurs du genre.
Jeudi : les basses prennent possession du festival
Dès les premières heures de la journée, on sent que quelque chose se met en place. Les scènes se remplissent progressivement, les premiers nuages de poussière apparaissent et les habitués commencent déjà à repérer leurs futurs QG du week-end.
Parmi les belles découvertes du jour, Lotu signe un passage particulièrement convaincant. Entre influences UK, bass music et sonorités électroniques modernes, le Français réussit à capter l’attention d’un public encore en phase d’échauffement. Le genre de set qu’on rejoint par curiosité et qu’on quitte à regret lorsque l’horaire suivant approche.
La température monte ensuite d’un cran avec Coki & SGT Pokes. Direction un dubstep plus brut, plus profond, plus physique. SGT Pokes harangue la foule tandis que Coki déroule sa sélection sans faire dans la demi-mesure. Les murs tremblent, les basses roulent sous les pieds et pendant une heure, Dour retrouve un parfum de croisière dans le dubstep originel.
Plus tard dans la soirée, Rudimental apporte une touche plus fédératrice. Le groupe britannique enchaîne les hymnes drum & bass et transforme rapidement le chapiteau en gigantesque chorale.
Le point d’orgue de la soirée arrive finalement avec Hamdi. Son slot tardif attire une foule compacte et l’artiste ne déçoit pas. Les drops s’enchaînent, les doubles se multiplient et l’énergie ne redescend jamais. Clairement l’un des sets bass les plus marquants du week-end.
Vendredi : Apashe joue à domicile

Le lendemain, l’ambiance monte encore d’un cran.
Entre deux escales sur les scènes principales, Sammy Virji démontre pourquoi il est devenu l’un des noms incontournables de la nouvelle scène UK. Son groove contagieux fait rapidement danser tout le monde et apporte une touche différente à la programmation bass du festival.
Mais la véritable attraction du jour reste Apashe accompagné de son Brass Orchestra.
Lorsqu’arrive son heure, la Last Arena est déjà bouillante. Le mélange entre musique orchestrale, hip-hop et bass music fonctionne à merveille. Chaque montée est accueillie par des cris, chaque drop provoque une explosion de la foule. Plus qu’un live, c’est un véritable spectacle qui se déroule devant des milliers de personnes. L’un des grands moments de cette édition.
Samedi : entre sound system et patrimoine DNB
Après deux jours passés à courir entre les scènes, le samedi offre un rythme un peu différent.
Les amateurs de bass prennent notamment le temps de faire un détour par les espaces dédiés à la culture sound system. Entre Alpha Steppa, King Alpha et les multiples sessions dub du week-end, Dour continue de faire vivre cet héritage qui fait partie de son identité depuis des années.
Dans un registre plus historique encore, Goldie & MC Medic rappellent pourquoi leur nom continue de susciter autant de respect. Le pionnier britannique déroule un set rempli de références jungle et drum & bass, accueilli avec beaucoup de ferveur par les connaisseurs présents devant la scène.

Dimanche : l’émotion avant l’explosion finale
Comme souvent à Dour, le dernier jour oscille entre fatigue généralisée et refus total de voir le week-end se terminer.
Hybrid Minds accompagne parfaitement ce sentiment avec une sélection mélodique et aérienne. Un moment presque suspendu qui tranche avec l’agitation constante du reste du week-end.
Quelques heures plus tard, c’est au tour de Pendulum Live de monter sur scène. Le public répond présent et les Australiens livrent exactement ce que l’on était venu chercher : des classiques, de l’énergie et un final à très haute intensité. Les derniers refrains sont repris en chœur, les dernières réserves d’énergie sont dépensées et Dour peut définitivement tirer sa révérence.
Et en dehors de la bass music ?
Même en suivant principalement les artistes bass du week-end, certains passages étaient tout simplement impossibles à manquer.
Le jeudi, Vald x Vladimir Cauchemar x Todiefor ont offert l’un des shows les plus festifs du festival a grand coup de lance-flamme et avec une formule parfaitement calibrée pour les grandes scènes.
Le vendredi, Orelsan a confirmé sa capacité à rassembler plusieurs générations autour d’un même concert. De l’avant jusqu’au fond de la Last Arena, difficile de trouver quelqu’un qui ne connaissait pas les paroles.
Côté électronique, Boys Noize a livré une performance éclectique dans les styles et aussi intense qu’efficace, pendant que Sean Paul transformait le dimanche soir en immense séance de karaoké géante. Une avalanche de tubes, des milliers de voix et une parfaite façon de conclure le week-end.

Le mot de la fin
Dour 2026 n’a peut-être pas proposé la programmation bass la plus dense de son histoire, mais elle a réussi l’essentiel : réunir plusieurs générations d’artistes, du dubstep originel de Coki aux nouvelles stars comme Hamdi, en passant par les mastodontes de la drum & bass que sont Goldie, Hybrid Minds ou Pendulum. Au final, c’est aussi ça la magie de Dour : passer d’un soundsystem dub à un concert de rap, d’un set UK Garage à un orchestre symphonique électro, sans jamais avoir l’impression de quitter le même festival.
Rendez-vous l’année prochaine. Les jambes auront récupéré. Peut-être.